Mon blog métier.

Illustration de la reconversion professionnelle après 50 ans, de technicien de maintenance industrielle à webmaster.
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1 166 mots

Se reconvertir après 50 ans :
redevenir débutant quand on a 35 ans d’expérience

Après 35 années passées dans la maintenance industrielle, je pensais avoir laissé depuis longtemps le statut de débutant derrière moi.

Je connaissais mon environnement, mes outils, mes méthodes de travail. Face à une panne sur une ligne de production, je savais par où commencer. Électricité, automatisme, électronique, informatique : avec les années, les connaissances s’accumulent et certains réflexes deviennent presque naturels.

Et puis un jour, j’ai décidé de me reconvertir dans la création de sites internet.

Et là, surprise : me voilà redevenu débutant !

Quand l’expérience rencontre la page blanche

Se reconvertir après 50 ans provoque une sensation assez étrange.

D’un côté, on possède plusieurs décennies d’expérience professionnelle. De l’autre, on se retrouve devant des termes comme HTML, CSS, JavaScript, PHP, responsive design ou SEO en se demandant parfois dans quelle langue tout ce petit monde essaie de nous parler.

Heureusement, mon passé professionnel m’avait déjà habitué aux acronymes. Dans l’industrie aussi, nous en avions suffisamment pour remplir quelques pages d’un dictionnaire !

Mais il faut accepter une réalité : lorsqu’on change de métier, une partie de son expérience ne suffit plus.

Il faut apprendre.

Et surtout accepter de ne pas savoir.

Ce n’est pas forcément évident lorsqu’on a passé des années à être celui que l’on appelle justement parce qu’il est censé trouver la solution.

Retrouver le plaisir d’apprendre

Mes premiers pas dans le web ont donc été accompagnés de nombreux moments de découverte.

Créer une première page HTML et la voir apparaître correctement dans le navigateur peut sembler banal pour quelqu’un qui travaille dans le domaine depuis longtemps.

Pour moi, c’était une petite victoire.

Puis vient le CSS.

On modifie trois lignes en pensant déplacer un élément de quelques pixels et, mystérieusement, la moitié de la page décide parfois de partir vivre sa propre vie.

C’est à cet instant que l’ancien technicien de maintenance refait surface.

On observe. On cherche. On teste. On revient en arrière. On recommence.

Et lorsqu’on trouve enfin la solution, on ressent exactement cette petite satisfaction que l’on éprouvait autrefois lorsqu’une machine redémarrait.

Finalement, apprendre un nouveau métier m’a rappelé quelque chose que j’avais peut-être un peu oublié : apprendre peut être extrêmement stimulant.

Se former pour construire un nouveau métier

Ma reconversion ne s’est évidemment pas faite en quelques semaines. Devenir webmaster m’a demandé de reprendre le chemin de la formation et de découvrir progressivement tout un nouvel univers.

J’ai commencé par les fondamentaux du web avec HTML et CSS, puis JavaScript et PHP. Il ne s’agissait pas seulement d’apprendre des langages, mais de comprendre comment fonctionne réellement un site web : comment une page est structurée, mise en forme, rendue interactive et comment elle communique avec le serveur.

Puis est venu WordPress, avec une autre façon de concevoir un site : thèmes, extensions, blocs, modèles de pages, base de données, administration, maintenance… Un environnement que j’ai progressivement appris à maîtriser et qui constitue aujourd’hui le cœur de mes créations WordPress sur mesure.

Mais j’ai rapidement compris que savoir construire techniquement un site ne suffisait pas.

Il fallait aussi apprendre à le concevoir pour les autres.

Je me suis donc formé au webdesign, à l’expérience utilisateur (UX) et à l’interface utilisateur (UI). Pourquoi placer telle information ici ? Le visiteur comprend-il immédiatement où il doit aller ? Le site reste-t-il agréable à utiliser sur un smartphone ? Les couleurs, les textes et la navigation sont-ils suffisamment clairs ?

À cela se sont ajoutés d’autres domaines indispensables : sécurité, sauvegardes, performances, référencement, accessibilité, protection des données personnelles et RGPD. Des connaissances et des outils qui constituent aujourd’hui une grande partie de mon atelier numérique.

J’ai alors découvert qu’un site web que le visiteur parcourt en quelques minutes cache derrière lui une quantité impressionnante de connaissances et de travail.

Et moi qui pensais naïvement qu’il suffisait de savoir faire de jolies pages… la liste des formations avait visiblement oublié de me prévenir ! 😄

Avec le recul, cette diversité est justement ce qui me plaît dans ce nouveau métier. Je retrouve quelque chose que j’avais connu dans la maintenance industrielle : il faut être polyvalent, curieux et accepter de continuer à apprendre.

Débutant, oui… mais pas complètement

Avec le temps, j’ai également compris que je n’étais pas réellement reparti de zéro.

Je débutais dans le web, certes, mais je ne débutais pas dans la vie professionnelle.

Pendant 35 ans, j’avais appris à analyser un problème, rechercher des informations, lire de la documentation technique, procéder méthodiquement et surtout ne pas abandonner au premier obstacle.

J’avais également appris à travailler avec d’autres personnes, à écouter celui qui rencontre un problème et à essayer de comprendre ce qu’il cherche réellement à expliquer.

Toutes ces compétences ne disparaissent pas simplement parce que l’on change de métier.

Elles voyagent avec nous.

Mon tournevis et mon multimètre ne m’aident pas beaucoup lorsqu’un menu WordPress refuse de s’afficher correctement.

J’ai vérifié, le multimètre reste désespérément silencieux devant une feuille CSS. 😂

Mais la manière de réfléchir acquise pendant toutes ces années, elle, continue de m’être utile.

Accepter d’être moins rapide

Il faut aussi accepter que certaines choses prennent du temps.

Lorsqu’on découvre un nouveau domaine, ce qui paraît évident à quelqu’un d’expérimenté peut demander plusieurs heures de recherche.

Au début, cela peut être frustrant.

On se demande parfois : « Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? »

Puis la solution arrive.

Quelques semaines plus tard, le même problème se représente et cette fois, on le résout beaucoup plus rapidement.

C’est à ce moment-là que l’on réalise que l’on progresse.

Petit à petit, ce qui était totalement inconnu devient familier.

Et puis un jour, presque sans s’en rendre compte, on explique à quelqu’un d’autre quelque chose que l’on ne comprenait pas soi-même quelques mois auparavant.

L’âge n’empêche pas la curiosité

Se reconvertir après 50 ans comporte forcément des interrogations.

Suis-je encore capable d’apprendre suffisamment ? Est-ce que je réussirai à suivre les évolutions technologiques ? N’est-il pas trop tard pour changer complètement de direction ?

Je me suis probablement posé toutes ces questions.

Mais avec le recul, je crois que la véritable question était beaucoup plus simple :

Ai-je encore envie d’apprendre ?

Et la réponse était oui.

Le web évolue sans cesse. WordPress change, les techniques évoluent, de nouveaux outils apparaissent et ce que l’on apprend aujourd’hui devra parfois être remis en question demain.

Curieusement, cela ne me dérange pas.

Après tout, l’industrie dans laquelle j’ai travaillé pendant 35 ans n’est pas restée immobile non plus.

Recommencer sans effacer ce qui précède

Aujourd’hui, je ne considère plus ma reconversion comme un retour à zéro.

Je préfère la voir comme la suite de mon parcours.

Je suis redevenu débutant dans certains domaines, mais avec dans mes bagages toutes les expériences accumulées pendant ma première carrière.

À plus de 50 ans, apprendre un nouveau métier demande certainement de l’énergie, de la patience et parfois une bonne dose d’autodérision.

Mais redevenir débutant possède aussi quelque chose de particulièrement agréable : cela signifie simplement qu’il reste encore beaucoup de choses à découvrir.

Et finalement, après 35 ans de métier, ce n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle.